Un auteur, des textes, nouvelles, brêves, etc.

TEFF dit Gégé propose

Textes de ces derniers temps, à vous de choisir ci-dessous.

page 1 - - page 2 - - page 3 - - page 4 - - page 5 - - page 6 - -

RETOUR

~ Page 5 ~

INTIMITÉ

Quand elle me prend, et qu'elle me porte à sa bouche, j'en suis toujours décontenancé. Littéralement, elle me suce. Sa langue, aux douceurs baveuses, si bien déliée, m'effleure avec délice. Ses yeux, songeurs, semblent ne pas me voir. Est-ce par raffinement ? Puis, ses doigts se promènent sur mon corps. Ses dents parfois me mordillent. Je n'aime pas cela, malgré les plaisirs excitants qui en découlent. Brusque, sans raison, elle me sort de sa bouche, et me fait subir des ondulations sinueuses remplies de petites pressions nerveuses, comme je les aime tant. Là, je ne me retiens pas… Je laisse mon principe de vie s'écouler. Tant qu'elle continue, je me donne. Elle le sait. Et y rencontre l'assouvissement de ses pulsions effrénées, voire outrancières… Notre relation, et je suis sincère, je l'apprécie. Mais, sommes-nous faits l'un pour l'autre ? Au cours des cinq années passées, combien de fois je fus complètement vidé… Elle a toujours permis que je me régénère. Je mesure à travers cette attitude le probable attachement qu'elle m’accorde. Seul signe tangible qui me laisse espérer. Je dois le confesser, sa main, sa bouche, me saisissent sans politesse. Je ne me plains pas, je ne critique pas. Mais cette excessive violence raffinée ne me convient pas, en totalité. Ses galanteries peuvent durer une seconde, ou plus d'une heure, comme souvent. Sitôt qu'elle est lasse, assouvie ou sans inspiration, je ne sais, elle me délaisse, brutalement. Seul… Dans ces moments, las, je me demande si nous sommes vraiment faits l'un pour l'autre. Si elle est des jours sans me dodeliner, commence le temps où je me fais un sang d'encre. De ne pas la côtoyer me donne envie de fuir. Par contre, en voyage, si elle m'emmène, c'est dans la poche ! Nos charmantes turpitudes sont plus fréquentes. Elle peut tout de même m'oublier sur un banc, dans un musée, ou chez des amis. Nous nous sommes toujours retrouvés, de vrais miracles. De belles occasions de s'égarer dans des plaisirs aux oscillantes extases. Je ne peux imaginer la perdre ! Ne plus sentir les impulsions de ses doigts, ne plus redouter ses dents excitantes, ne plus souffrir de ses abandons abrupts… perspectives effroyables. Je ne peux pas.
Dans cette impossible fatalité, je pense, je souhaite, et j'espère qu'elle continuera d'écrire ses érotiques romans. Sans moi, modeste stylo.

§

texte suivant